Fast Fashion et remise en question

 

Il a fallu plusieurs « micros séismes » dans le petit monde de la mode pour que je me penche sur une question qui désormais me hante, me taraude, qui pousse mon cerveau à l’ébullition, qui me donne à réfléchir sur ma façon de consommer la mode. Si la mode reflète l’époque il est bien triste de se dire que désormais l’objet compte plus que l’humain.

Tout a commencé quand Raf Simons décida de quitter Dior, s’en est suivi Alber Elbaz qui dit au revoir à Lanvin et puis un peu avant si mes souvenirs sont bons, Jean-Paul Gaultier qui décida de cesser le prêt à porter pour se consacrer exclusivement à la haute couture . Et j’avoue que leur mot m’ont donné matière à réfléchir :  « I need more time.’ And I think everybody in fashion these days needs just a little more time.” (Alber Elbaz)  . « When you do six shows a year, there’s not enough time for the whole process […]incubation time for ideas, and incubation time is very important. When you try an idea, you look at it and think, Hmm, let’s put it away for a week and think about it later.  » (Raf Simons)
Plus de temps, effectivement quand tu te rends compte qu’il faut seulement quelques semaines au maison de couture pour créer une collection, tu te doutes bien que prendre du recul et avoir des idées révolutionnaires autant en matière de concept, de silhouette bref de création pure ça parait quasi impossible. D’ailleurs à ce propos le manifeste Anti Fashion de Li Edelkoort  est assez éloquent, alors histoire de ne pas paraphraser je te renvoies à ce petite article qui traite du sujet en cliquant ici !

Après  avoir creusé un peu plus profond, je me suis retrouvée face à mon placard plein à craquer, mal rangé, et je me suis dit qu’effectivement, ce phénomène de « fast fashion », d’immédiateté de la mode ne me laissait même plus le temps d’apprécier vraiment les vêtements que j’achetais. Merde alors !  Quand le vêtement est censé « servir nos corps, nos gestes, nos attitudes » (Yves Saint Laurent ce génie) il n’en est rien. Etouffée par le marketing, la pub, les tendances des uns et des autres j’en fini par oublier l’essentiel. MOI, ce qu’on met avant ce n’est même plus la femme c’est l’objet en lui même.
Objet, vêtement qui d’ailleurs se trouve être la plupart du temps de mauvaise qualité. Fast fashion oblige, on oublie la coupe, l’harmonie des couleurs, les ourlets, ce qui fait qu’ il n’est pas rare de retrouver de petits fils qui pendent de tout les côtés d’une fringue pas encore achetée #thumbsup! Le meilleur dans tout ça reste tout de même  mon désarroi face à un Tshirt qui sorti de la machine à laver pourra désormais me servir de serpillère alors qu’au prix où je l’ai payé j’aurais dû m’en douter.

Un exemple qui illustre bien l’absurdité avec laquelle nous consommons la mode c’est les collections capsules H&M . Posons les bases : on nous vend du luxe, de la mode ouverte à tous. On achète donc des fringues de même qualité , qui s’useront tout aussi vite mais à prix fous . Sachant qu’à la base ce qu’on cherche ce n’est pas de mettre 200e dans une robe mais plutôt 20 . Du coup je me dis que c’est bien l’étiquette à prix accessible qu’on nous vend et non la qualité. Parce que d’après ce que je sais c’est pas les petites mains de chez Lanvin, Balmain ou Rykiel, mais bien les petites mains des enfants ou des adultes des pays du Tiers Monde. Ainsi donc je ne vois pas vraiment la logique, si on accepte de mettre un tel prix à cette occasion autant aller se trouver de la meilleure qualité et pourquoi pas acheter français #cocorico! . Niveau rentabilité ça me parait quand même plus sympathique!
En parlant du Tiers Monde… Nul besoin de rappeler que ce mode consommation, non seulement pollue notre jolie planète mais est également un désastre pour la condition humaine (cf. effondrement de l’usine  Rana Plaza, intoxication des salariés dû à l’utilisation des produits chimiques et au manque de sécurité, exploitation des salariés etc…)  Non je ne suis pas naïve au point d’avoir découvert tout ça hier, mais j’avais juste décidé de l’ignorer. Seulement je me dis que je n’ai plus envie d’être complice de ça. Tant pis si j’achète moins, tant pis si je paye un peu plus cher, mais j’ai envie de changer. Je sais que ça ne va pas être chose aisée de résister à l’appel de la tendance, de la pub et du marketing, mais j’ai envie de changer.
Si j’essayais de privilégier le style et l’élégance plutôt que la profusion?

 

 

3 réflexions sur “Fast Fashion et remise en question

  1. Curly Hecstuli dit :

    Réflexion très censée, je trouve. J’ai des pensées similaires, non seulement à cause de mon côté « droit de l’hommiste » et écolo, mais aussi parce qu’en se posant deux secondes, on se rend compte que nous n’avons pas « besoin » de tout ça. La course à la nouveauté. Autant acheter bon, pratique et qui nous plaît, pas parce que c’est ce qu’il « faut » acheter selon les dire de la tendance actuelle.

  2. Julie dit :

    Un très joli article, qui change, et ça ça fait du bien ! En effet on peut se poser des questions quant à notre consommation souvent excessive de la mode, et surtout à quel prix ? Autant privilégier les petits créateurs français qui font de superbes choses de leur petites mains comme Wear my Lemonade 😉
    Des bisous !

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